Patrimoine Mondial
En 1987, l’UNESCO a déclaré « Patrimoine de l’humanité » l’ensemble monumental formé par la Cathédrale, le Real Alcázar et les Archives des Indes, étant donné que leur coexistence dans un même espace constitue un magnifique exemple des grandes étapes de l’histoire urbaine de la ville (musulmane, chrétienne et la grande métropole du XVIe siècle en tant que port des Indes).
Outre toutes ces circonstances historiques, l’UNESCO a considéré comme fondamentales l’intégrité et le bon état de conservation des constructions historiques.
En 2016, l’UNESCO a reconnu à Paris la gestion exemplaire du Cabildo métropolitain à la tête de l’activité liturgique et culturelle de la Cathédrale de Séville, d’une manière complémentaire et harmonieuse, ainsi que les travaux continus de réhabilitation et de maintenance du bâtiment et de son patrimoine.
Extrait du texte original de la déclaration de Patrimoine de l’humanité de l’ensemble monumental formé par la Cathédrale de Séville, le Real Alcázar et les Archives des Indes (1987) rédigé par l’UNESCO.
« Valeur universelle exceptionnelle »
La cathédrale, ainsi que l’Alcázar, de Séville offre un témoignage exceptionnel de la civilisation almohade et de l’Andalousie chrétienne, depuis la Reconquête de 1248 jusqu’au XVIᵉ siècle. La Giralda, qui a influencé la construction de nombreuses tours en Espagne et en Amérique, constitue un chef-d’œuvre de l’architecture almohade. L’immense cathédrale, avec ses cinq nefs, est le plus grand édifice gothique d’Europe. La salle capitulaire elliptique, conçue par Hernán Ruiz, est l’une des plus belles réalisations architecturales de la Renaissance.
La cathédrale, l’un des plus vastes et des plus richement ornés édifices religieux du monde, présente dans sa structure complexe une grande diversité de styles hérités de son histoire mouvementée.
Dans la chapelle de la Grenade se trouvent les chapiteaux de plusieurs colonnes datant de l’époque wisigothique, derniers vestiges de la cathédrale primitive, détruite en 712 par les conquérants arabes.
Elle constitue surtout l’un des témoignages les plus importants de l’époque almohade à son apogée. En 1147, lorsque Séville devint la capitale d’un empire musulman s’étendant sur l’ensemble du Maghreb, la ville elle-même et ses monuments impressionnaient les voyageurs arabes, qui en soulignaient volontiers la splendeur.
La Giralda, ancien minaret de la Grande Mosquée (construite entre 1172 et 1198 par l’émir Yaqub al-Mansur), échappa à la destruction et fut transformée en clocher après la reconquête de Séville en 1248. Au XVIᵉ siècle, elle fut couronnée d’une statue de bronze symbolisant la foi chrétienne et servant de girouette — le Giraldillo — à une hauteur de 97,52 mètres.
La seule autre partie de la cathédrale conservant le souvenir de la Grande Mosquée est le Patio des Orangers, au nord, magnifique jardin intérieur. Les chrétiens souhaitèrent remplacer la mosquée, dont la destruction commença en 1401, par une cathédrale de style gothique qui ne serait surpassée par aucune autre. Dès 1420, Séville devint l’un des plus importants chantiers internationaux du XVe siècle, faisant appel aux architectes et sculpteurs espagnols, flamands et allemands les plus renommés.
La prospérité de Séville après la découverte du Nouveau Monde renforça encore les importants moyens financiers consacrés à la construction et à l’embellissement de la cathédrale. Au XVIᵉ siècle, celle-ci fut enrichie d’un ensemble incomparable de vitraux, de retables, d’œuvres d’orfèvrerie et de stalles de chœur. Au XVIIᵉ siècle, elle continue de bénéficier des dons de riches mécènes et s’enrichit de sculptures baroques et de peintures des grands maîtres sévillans Murillo et Valdés Leal.